dingo!

samedi, février 05, 2005

Chronique de Hugues Le Paige : Pour Florence Aubenas et Hussein Hannoun Al Saadi

A la demande de suites par son auteur, journaliste à la RTBF, je vous fais suivre sa chronique radiophonique. Ce qui ne manquera pas d'apporter un sourire à Mister Mong .

Jeudi 3 février 2005

Jean Paul Kauffmann est resté pendant trois ans otage au Liban. C’était il y a vingt ans. Lundi dernier, Jean Paul Kauffmann a prit la parole à Paris lors d’une soirée de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hannoun Al Saadi, la journaliste de Libération et son guide dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier.

Jean Paul Kauffmann, écrivain et journaliste, a eu des mots justes :

« Ce sont des démonstrations comme celle-ci qui m’ont sauvé la vie. Rien n’est infime. Tout est indispensable. Même l’action en apparence dérisoire est inestimable. Je pense qu’il ne sert à rien de se poser la question de l’efficacité de telle ou telle action. De toute façon cette action est agissante. La médiatisation est une protection, témoigne l’ancien otage. »

Jean Paul Kauffmann a raison. La mobilisation en faveur de Florence Aubenas et de son collaborateur est plus indispensable que jamais. Parce qu’il faut faire pression sur les autorités diverses qui font certes ce qu’elles doivent faire dans la discrétion mais qui doivent sentir le poids et l’attente des citoyens, parce que cette mobilisation est un facteur important y compris vis-à-vis des ravisseurs, parce que, comme le dit si bien l’écrivain, « c’est de l’oxygène que nous envoyons à Florence Aubenas et à Hussein Al Saadi ».

Tout otage est en droit d’attendre la solidarité et la mobilisation collective pour tenter de l’arracher à l’insoutenable et de contribuer à sa libération. Il faut y ajouter l’émotion et le respect.

Les amis et les proches nous disent ce que l’on peut deviner de la personnalité chaleureuse et subtile de Florence Aubenas quand on ne la connaît pas.

Les collègues, stagiaires ou vieux briscards, racontent l’exercice du métier avec l’admiration et la tendresse que nous comprenons bien à la lecture de ses articles.

Les lecteurs innombrables qui écrivent tous les jours à Libération le disent, chacun à leur manière.

Tous soulignent l’éclairage, le décryptage, l’écriture aussi, que Florence Aubenas apporte à l’information qui d’un coup redevient vitale dans un monde médiatique qui nous fait le plus souvent oublier ces qualités-là.

Il faut donc aussi utiliser les mots à qui elle donne tant de sens pour tenter de contribuer à ce qu’elle soit rendue aux siens.

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