dingo!

jeudi, mars 17, 2005

D'abord il ya ceci qui est un peu long mais si on avait le temps on serait pas forcer de le prendre

La mobilité douce en Wallonie est aussi une question de mentalité
Carte blanche dans le Soir du mercredi 16 mars
Luc Leens
Nine Muret
Cyclistes et piétons, experts en mobilité douce

Les enfants de Wallonie sont-ils condamnés à découvrir leur région depuis la banquette arrière de la voiture de leurs parents-taxis? Les personnes handicapées doivent-elles rentrer sagement chez leur télévision? La Wallonie préférera-t-elle la construction de la liaison autoroutière Cerexhe-Heuseux-Beaufays à l'aménagement de 1500 kilomètres de pistes cyclables ou de 8 000 kilomètres de trottoirs accessibles aux handicapés? Pour l’instant, la réponse à toutes ces questions reste malheureusement… oui!

Pourtant, ce ne sont pas les déclarations de bonnes intentions qui ont manqué ces derniers temps: une mobilité plus durable, plus efficace, plus équitable et plus humaine! Vive le vélo et priorité à l’enfant, à la famille, aux personnes handicapées! Priorité à la santé, au développement durable! Priorité aux priorités!

Anciens responsables de la mobilité douce au sein du cabinet du ministre wallon de la mobilité de 1999 à 2004, nous pensions qu’avec de tels slogans, les modestes efforts entrepris en faveur des piétons, des cyclistes et des handicapés, seraient poursuivis et, pourquoi pas, amplifiés.

Nous avons dû rapidement déchanter. Première déception: le "ministre de la mobilité" est (re)devenu un simple "ministre des transports". Deuxième déconvenue: le Contrat d’avenir pour la Wallonie a pratiquement "oublié" toutes les mesures concrètes de promotion de la marche à pied et du vélo prévues dans la déclaration gouvernementale wallonne rédigée quelques mois plus tôt.

La confirmation définitive nous est parvenue en ce début d’année. La Région wallonne a fait savoir aux associations de défense et de promotion de la marche à pied et du vélo que leurs subventions seraient sensiblement réduites. La déclaration gouvernementale disait pourtant: "la réhabilitation des modes de déplacement doux doit être une priorité."

Ces coupes sombres touchent notamment Pro Vélo et les cyclistes quotidiens du GRACQ qui animent le réseau des maisons des cyclistes et leurs services de location de vélo, organisent des vélo-écoles pour adultes et enfants, des rangs à vélo pour écoliers, conseillent les autorités en matière d'aménagements cyclables, et organise la formation « brevet du cycliste » dans les écoles fondamentales.

Ces deux associations viennent de se voir notifier une baisse de 25 % de leurs subventions. Grand prince, les autorités régionales leur laissent le choix des actions, des services… et des emplois qu'ils devront supprimer. C'est dire l'importance qu'elles attachent au travail de ces associations… et à la déclaration gouvernementale qui disait notamment: "généralisation du brevet vélo".

Il est vrai que le « vélo-loisir » continue à être « tendance » et les autorités régionales annoncent quelques aménagements supplémentaires de Ravel ou autres Voies vertes pour confiner le vélo dans son image de « loisir-santé » !

Mais, en affaiblissant les associations de défense des piétons et des cyclistes, les autorités politiques oublient surtout un élément capital pour le développement durable de la mobilité douce: le changement de mentalité

Une autre culture du partage de l’espace public entre tous les usagers: voilà ce qu’il faut absolument développer dans notre région tant au niveau des autorités publiques que des citoyens. On a peine à imaginer les obstacles auxquels se heurte invariablement le moindre projet de bordure abaissée, de piste cyclable, de parking pour vélo ou d’aménagement de zone 30. Ces obstacles sont un magma inerte, dense et résistant où l’on trouve à la fois une profonde incompréhension des besoins des piétons et des cyclistes, une grande méconnaissance des techniques d’aménagement de la voirie pour ces moyens de déplacement, et une condescendance, voire un mépris appuyé à l’égard des usagers dits faibles.


Au moment de procéder aux choix financiers, les personnes handicapées sont renvoyées devant leur poste de télévision, les écoliers dans la voiture de leur papa-maman et les cyclistes sur le Ravel. Ainsi, la Région wallonne trouve le moyen de rogner quelques dizaines de milliers d’euros à des associations qui devaient l’aider à la "généralisation du brevet vélo", inscrite dans son programme gouvernemental. Et, dans le même temps, elle s’apprête à dépenser 200 millions d’euros pour l’autoroute Cerexhe-Heuseux-Beaufays qui est évidemment "vitale" pour l’avenir de la région.

Certains continuent à croire que le sort de la Wallonie tient au nombre de kilomètres d’autoroute qu’elle va construire. Comprendront-ils un jour que le seul enjeu vital pour son avenir est le changement des mentalités… en matière de mobilité (douce) comme dans les autres domaines?

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