Hargnon, rappeur de profession.


Sainte Françoise, à la fenêtre de sa tentation, assise,
Ecoute pousser les plantes, les regarde, les avise ;
Rouge, le vide, sous ses pieds, tranquillement la dévise.

Moi, pilote de vitesses invisibles, je comble des vides
En faisant le rappeur hargneux, silencieux, impavide.

Pour un oui, pour un gnon, pas lui !
A nouveau ramifieur et fier ami,
Aux gnons si faciles, les distribue à l’envi.

Il est comme un rat, comme une mule,
Comme le rameau, sa ramule.
Arachide fallacieuse qui simule d’être un bulbe
Et lachrymale, elle s’immole dans sa bulle.

Ce cannibale, dans l’ambarras du soi,
Est porté sur les os, déporté sur les gnons.
Poings et pieds liés, c’est de la poix
Qu’il me fait déverser sur ces maudits oignons.

J’ai pleuré le béni, le pain et le temps des silences,
Sur des ennemis inquiets qui guettent vos confidences.

Et me sont venues ces stances,
Peu fiéreuses quoique rances :

« Danse, tout est dense.
Dense, tout se danse.
Une et une seule que l’on danse,
Danses et contre-denses.

Flamme, brises-flammes,
Ton âme, ton âne, ta flamme, tu flânes.
Pare le feu, pare la flamme !
Un feu qui brise, en lame, au fond, sans flamme,
S’embouche, s’emboucle, s’emballe, s’emblâme.

Cornes, flagornes, cliquent et ornent
L'occipit et frontispice de la blanche licorne. »


AB

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