VATENGUERRE par Grosse Fatigue

On nous dit pas la guerre pas la guerre, ça ne fait que des innocents la guerre. Je sais bien que la guerre tire de travers à côté des pissotières de l'histoire. Je sais bien à quoi ressemble l'intérieur de la tête d'un bidasse et même d'un général. C'est plein de pragmatisme ça pue la mort joyeuse ça n'embrasse pas ses enfants. J'ai fait mon sévice militaire moi monsieur ôh bien sûr seulement une semaine m'ont trouvé crétin les bidasses, m'ont renvoyé. Mais je les ai bien observés les bidasses, j'ai bien vu que seul le psy dans la caserne était digne de confiance.

On nous dit pas la guerre pas la guerre !!! Mais ça tombe bien, je suis non-violent. Quoique le type qui touche à mes enfants mes amis mes frères je sais pas si je lui en colle pas une s'il est pas trop baraqué, pas trop armé. Bien sûr que pas la guerre ! Tout sauf la guerre !

Tenez, 1938.

Chamberlain et Daladier. Ils partent voir l'oncle Adolf et lui disent, "Tonton nicht good, toi pas faire le con, sinon, on va te faire la krieg !". Pas de problème leur répond l'autre dans sa moustache et son accent autrichien : "C'est pas mon genre de faire le con avec des grandes nations - l'Angleterre aristocratique et la France des Lumières - pas mon genre nicht nein ! Laissez-moi juste grignoter les polacs, ça vous fera des chroniqueurs dans des bonnes émissions en 1981 quand c'est qu'on sera mort et moi, ça me fera de l'espace vital. Le Polac, allez, c'est pas grand-chose. Bon, à la limite, laissez-moi retrouver Dantzig, que c'est plus facile à prononcer en allemand qu'en polonais, au moins, on y met des voyelles, et puis après, ça ira. Sûr, restent les ruskoffs, sont gros, sont forts, sont bolcheviks, pas bons pour le commerce ! Pour l'instant, et depuis un bout de temps, ils m'aident à essayer mes avions de chasse sur leurs grands terrains, mais demain, j'irais me baigner dans la Volga, allez les British et les franchouillards, z'inquiétez pas, je vous ferais pas de mal. Et puis, la Belgique vous protège, non ? "

Si qui répondent les deux autres. Ils pouvaient pas savoir que la Belgique est capable du meilleur et du pire*. Le daladier revient plein de doutes mais il a bien mangé. Il comprend pas pourquoi les gens l'applaudissent au Bourget, ça lui fait un peu mal au ventre le coco. Mais bon. Et Chamberlain, avec son beau chapeau melon, il soulage les Englishes, qui vont pas envoyer les fils des types qui se sont fait exploser la tronche dans des tranchées pourries pendant des années, non ? Les Flandres l'Artois les chemins des dames où c'est qu'on en voit pas une de dame faudrait quand même pas nous la rejouer, re-belote et re-belote !

No.

Et les pacifistes sont heureux. C'est bien c'est pas la guerre. Tout sauf la guerre tout sauf la guerre.

Surtout que maintenant, la guerre, c'est bien pire. Obus à fléchettes pour tuer 100 fantassins d'un coup. Mini-bombe atomique pour faire l'artiste à Noël dans les grands magasins, frappes chirurgicales sur les hôpitaux de campagne, pas pareil la guerre.

Et c'est les Américains qui la font ! Des types brillants avec de beaux uniformes. Tellement intelligents qu'ils mettent des affiches "Ben Laden Wanted Dead or Alive" en plein Manhattan, des fois que l'autre serait assez con pour aller faire ses courses chez Macy's et passer la soirée avec Woody Allen au Blue-Note.

Tout sauf la guerre.

Faudrait un grand tribunal, des inculpations. Faudrait désarmer les fanatiques et leur greffer un mini-disque de Chantal Goya dans l'oreille en MP3 qui tournerait jusqu'à ce qu'ils aient eux-mêmes envie de la rencontrer cette gentille dame occidentale qui donne envie de tout sauf de se battre. Des gamins dont on bourre le crâne dès la naissance avec un gentil dieu vengeur tellement qu'ils ont peut-être déjà envie d'être pilote de T.G.V. pour faire sauter le métro de Tokyo avec du zyklon B.... Faudrait des programmes d'éducation.

J'exagère.

Faudrait juste qu'il ne soit pas trop tard.

Des fois, il est trop tard.

Un jour, je me suis fait larguer. Je l'aimais mais je l'aimais mais c'était beau et lyrique d'aimer autant une chieuse. Pendant des années j'en ai chié qu'elle soit partie même pas pour un autre. Des années. Enfin, bon, des mois. Mais c'était trop tard. On peut pas séduire à nouveau quelqu'un qu'on a perdu. C'est trop tard.

Des fois, il est trop tard. Comme quand on est déjà mort.


Grosse Fatigue

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